A 15 heures Francis et Moana ont été pris en remorque par le Bicho navire accompagnateur.
Lettre à Cisko,
Tu as embarqué depuis plus d’un mois. Loin des yeux mais dans nos cœurs. Nous étions tous avec toi. Même en ce 22 février ou tu as pris courageusement la décision de mettre un terme à ton rêve. Nous restons à tes cotés et nous t’assurons de notre amitié.
Tu es un héro et ton beau voyage fut un peu le notre.
Sois fier de ce que tu as porté et réalisé. Nous, nous le sommes. N’aie aucun regret, aucun remord. Au contraire, toi seul a caressé l’océan comme aucun d’entre nous n’a pu le faire..
Depuis le départ, ton déssalinisateur te causait beaucoup de soucis. Cette fois ci la panne est définitive. Le moteur a baigné dans l’eau et la réparation est trop lourde pour être réalisée en mer. Tu en as assez de bricoler.
Il y des choses qui nous dépassent. Le soleil qui joue derrière les nuages, les machines qui résistent à l’homme. Tous ces éléments ont eu raison de toi
Tu désires être seul et faire le point pour accepter ce que tu penses être un renoncement et qui pour nous est une victoire.
Aupa Cisko. Bravo et à très vite.
Quatre semaines en mer. Déjà ! Diront certains. Encore ! diront les autres.
Un parcours sans faute, compte tenu des conditions météo et de l’intoxication dont a été victime Francis.
De la souffrance bien évidemment mais un enthousiasme sans cesse renouvelé qui le fait ramer toujours plus loin.
Les mails reçus nourrissent et portent notre navigateur de l’extrême.
Son intoxication à l’antifouling a obligé Francis à se soigner et à s’allonger.
« Des problèmes récurrents d'eau, de consommation d'eau que j'avais, de goût de l'eau que je trouvais vraiment particulièrement dégueulasse pour ne pas citer le mot... Un collègue m'a proposé une solution en me demandant où était la prise d'eau du déssalinisateur. Je lui ai dit qu'elle était au ras de la coque. Il m'a indiqué à ce moment-là que le problème pouvait éventuellement venir de l'antifouling…..comme la prise d'eau est au ras de la coque, je pouvais ingérer en même temps que l'eau du dessalinisateur de l'antifouling. J'avais un bout de tuyau que j'ai récupéré, que j'ai placé à l'extérieur, cette fois-ci, de la coque. Le goût a disparu et depuis la santé va nettement mieux donc à priori on est reparti. Ce n'est pas du tout un problème de santé psychologique je dirais mais un problème qui est bien médical : une intoxication par antifouling. A priori tout est revenu et on continue la route. Je me suis allongé sur la couchette mardi après-midi et j'ai repris les rames mercredi après-midi donc j'ai perdu un jour dans l'histoire. Tout va bien pour moi maintenant donc c'est reparti comme en 40, mieux qu'en 40 j'espère!"
Après 24 heures de repos et un changement de cap vers le sud Francis plus déterminé que jamais, rassuré et soulagé d’avoir résolu ces soucis de déssalinisateur entame sa deuxième partie de la traversée.
Soutenu par Pierre Verdu, il savoure aussi la solidarité des hommes de la mer. En contact, en amitié, même au milieu de l’océan ; Jamais seul.
Les élèves de l’U.L.I.S de Pau qui suivent avec frénésie et admiration Francis ont adressé à Pierre un bien joli message
« Bonjour Pierre Verdu !.....Nous vous remercions d’encourager Francis et de l’aider à régler son problème de déssalinisateur. Ca nous a beaucoup touché. Merci ! Continuez comme ça ; bonne route !...réalisez votre rêve et allez jusqu’au bout. On repensera à votre aide. Gardez le moral ! Encore merci »….
Il nous faudra encore de la patience et beaucoup de pensées positives avant de retrouver Francis dit « Cisko ».
Réservé, pudique, il ménage son intimité et garde encore secrets les films réalisés à bord de Moana.
Le ballet des dauphins, la respiration des baleines, la compagnie des poissons volants le vol des oiseaux rythment les journées et les nuits de Francis.
A terre, Patricia sa compagne boucle ses bagages pour rejoindre Cisko à Cayenne avec Julie sa fille qui trépigne d’impatience. « The winner mon Papa ! ».
Alexis, son fils ainé embarqué sur un voilier pour un tour du monde a mis le cap sur la Guyane où il attendra son vainqueur.
Oxaba et son équipe dont Julien (s) au pluriel (deux élèves du lycée maritime), travaillent jour et nuit pour aider Francis. Une belle aventure humaine. Une chaine ou chaque maillon a sa place.
Guy , Anne, Catherine, Bertrand, Jean-Luc, Evelyne, Alain, Humbert, Thierry, Nicolas, Maïté, Eric, Jean-Christian, Pascal, Karine, Raphaele, Nicole, Jean-Michel, Jean-François, Amaia, Julien, Endaika, l’ULIS, Rodolphe, Robert, Inake, Pantxika…. Chaque nom est une caresse, chaque nom est un courant qui porte Cisko au bout de son rêve.
« Comme pour les autres je suppose, c’est la disette au niveau électrique. On est un peu en survie avec tous
les instruments éteints, et donc un peu coupés du reste du monde. Mais c’est comme ça et il n’y a plus qu’à attendre patiemment le retour de conditions meilleures. Côté physique, ça va plutôt
bien même si la fatigue commence à se faire sentir. D’autant que la nuit, ça bouge énormément et, le vacarme aidant, pas facile de trouver le sommeil d’une façon continue, ou même
reposante.
Ces insomnies sont peut-être un mal pour un bien car, pour passer le temps, je monte régulièrement sur le pont pour chiader les réglages de safran et de dérive afin d’optimiser la poussée
naturelle du vent sur la coque....ce qui me réussit assez bien. Pour tenir le coup, je multiplie les petites siestes d’un quart d’heure ce qui fait que je n’ai pas de réel manque de
sommeil.
Ma troisième position au classement général de la course est flatteuse et assez inattendue mais plutôt réjouissante. Cela me force à m’accrocher aux avirons et à ne pas trop écouter les mille et
une petites douleurs que provoquent forcément ces multiples heures de travail à la rame. Malheureusement, le moment des repas ne fait plus partie des plaisirs de mon quotidien. Je supporte en
effet de plus en plus mal le goût du lyophilisé que je trouve huileux, voire graisseux et assez écoeurant. Je tente bien d’améliorer l’ordinaire avec des condiments ou des herbes genre Provence
mais cela reste toujours assez fade vu que j’ai perdu mon sel et mon poivre ce qui n’est pas très malin.
Pour varier les plaisirs, j’ai bien essayé de mouiller une ligne et un hameçon mais je n’y connais pas grand chose à la pêche et reste persuadé que ce n’est pas demain matin que je vais pouvoir
troquer mes rations de Lyophal contre une belle dorade frétillante. »
Les iles du Cap Vert s’éloignent au fils des vagues. Dakar est maintenant à quelques
milliers de coups de rames de Francis. Derrière lui, sur un continent qu’il a quitté il y a
maintenant 13 jours.
Le moral de Francis est excellent, et malgré quelques coups de fatigue bien légitime il trouve dans le sommeil toute l’énergie dont il a besoin. Sommeil réparateur et bienfaiteur.
Aucune blessure. Quelques ampoules, rien de bien méchant. Il s’alimente bien. Hier au soir, le menu était chili con carne accompagné d’un petit verre de vin. Même sur l’eau on reste un terrien.
Francis rame avec des pointes de 3.7 nds. Le classement est serré et rien n’est joué. La course a vraiment commencé. Option nord pour certains, sud pour les autres. Suspense….
Bien qu’il se soit à une reprise trouvé à quelques encablures d’un concurrent, Cisko n’a rien vu, ni même rien deviné. L’océan sait garder à lui ces amoureux de l’infiniment bleu, ces marins de l’impossible.
Les mauvaises conditions météo sont passées et ont eu raison de quelques skippers contraints à l’abandon. Nous pensons à eux et à leur déception.
« Chapeau la Guyane !!» nous a dit Francis admirateur de ses adversaires mais néanmoins frères de course.
La mer reste formée et le soleil discret. Francis a vu deux souffles de baleines ce matin et des pétrels de tempête. Annonciateurs de mauvais temps ?
Francis est parvenu à réparer son déssalinisateur. Un souci de moins à traiter pour lui.
Il a, ce soir parcouru un quart de la traversée et il reste fort. Fort de l’amour et de l’amitié qu’il reçoit grâce à vos messages.
Il pense à vous tous.
Je lui laisse le mot de la fin adressé à Patricia sa compagne ,Alexis Julie et Nicolas ses enfants
« Pour le meilleur »
10 février
A Ciboure, Oxaba ( Daniel Trichine ) son routeur assisté de Robert veillent pratiquement 24 heures sur 24 pour seconder Francis .
photos de Frédérique Pinson Ibarburu
Daniel Trichine, le précieux routeur de Cisko.
« La pire des défaites, celle d’avoir refusé le combat » écrit Gérard D’Aboville.
Je commence ma troisième lettre d’info avec cette belle citation que Francis met en pratique tous les jours et ce depuis maintenant 8 jours.
Nous le savons courageux et volontaire. Il nous prouve son extraordinaire détermination en gardant sérénité et enthousiasme malgré des conditions météo souvent défavorables.
Aujourd’hui le vent est supérieur à 25 nds, la mer forte à grosse, sa vitesse 2.6 nds à l’ancre flottante. Il se trouve à 12°20.16’N 22°18.06’W toujours en 7eme position.
Francis ne lâche pas et se trouve à seulement 39 miles de Jean Jacques Gauthier.
Lors de sa dernière vacation Francis avec calme et humour confie
« On commence à perdre la notion du temps. Le premier petit poisson volant s’est échoué dans le bateau, on l’a remis à l’eau mais c’était trop tard… Il n’y a pas beaucoup de soleil pour recharger les batteries, c’est un souci. Sinon, les problèmes tout à fait classiques, ampoules aux mains. On met du mercurochrome et des sparadraps. Et puis… les fesses…j’ai modifié complètement mon coussin de siège pour pouvoir poser mon petit postérieur. Voilà les nouvelles du front. »
Merci, merci pour lui pour tous les courriels que je reçois. Il sait que vous pouvez à lui et cela lui donne de la force. Une pensée pour chaque coup de rame, une pensée pour chaque ampoule, une pensée pour quelques rayons de soleil.
Je termine cette lettre avec la dernière phrase d’un mail envoyé par les élèves de l’Ulis
« On vous aime Francis »
1 février
14 heures Francis est en 6eme position cap 233°. Des ampoules aux mains mais le coeur vaillant. Déferlantes et grand vent, il rame avec courage et détermination.
A Ciboure son routeur Daniel ne quitte pas des yeux ses écrans météo, courants, vents.
Ensemble sans oublier les nombreux admirateurs de Francis.
Continuez de lui adresser vos messages d'encouragement
à
Francis Cerda qui pourtant traverse pour la première fois apparaît tout aussi à l’aise sur l’eau et fait aussi preuve de sagesse, « Le vent est passé au Nord, la mer commence à faire de petites déferlantes, on se fait mouiller un peu, on peut dire qu’on est dans le vif du sujet ! » Le rameur a navigué un peu sous ancre flottante pour en vérifier l’efficacité. En bon marin, il observe, teste le matériel, compare et apprend déjà pour les jours à venir. Prévoyant, il craint une prochaine avarie sur son dessalinisateur. « Il fait un petit bruit pas très sympathique. raconte t-il Pourtant je l’avais bien vérifié avant le départ, cela ne me dit rien qui vaille. » Francis a déjà pris contact à terre pour tenter de remédier à cela très vite.
SeaSurf.com
Francis Cerda, 59 ans, un ingénieur en préretraite venu du Pays Basque, évoque le hasard pour expliquer sa présence parmi la flotte. Il raconte :
« J'ai découvert sur Internet, en 2006, l'existence de cette course. Lors de la deuxième édition, je me suis payé le voyage au départ et à l'arrivée, pour voir, discuter avec les rameurs, me familiariser avec l'épreuve.
J'ai dépassé la cinquantaine, l'âge de ne plus caresser les rêves mais d'essayer de les réaliser. »
Il n'a pas reçu le soutien d'un généreux mécène :
« Mon plus gros sponsor, c'est moi. »
A lui seul, l'achat du bateau, un monotype pesant 450 kilos à vide, lui a coûté 30 000 euros. L'équipement à bord l'a encore allégé de 10 à 15 000 euros. Mais peu lui importe :
« J'aime l'aventure en solitaire, les voyages initiatiques. J'ai déjà traversé les Pyrénées en VTT et descendu le canal du Midi en kayak. »
rue 89
apres 8 heures de couse
A 24 heures du départ Francis nous écrit
« Hier matin, grosse sueur : le safran avait disparu !! Fini par découvrir que c’était le gardien du parking qui l’avait utilisé pour se faire une guitoune…… »
« A tous ceux qui ont envoyé des mails Merci pour vos encouragements et vos messages de sympathie qui m’ont été transmis»
Francis avant le départ se confie
« La sérénité est apparente, j’ai pas mal de pression par rapport à la préparartion. On ne rigole plus maintenant, il y a toujours quelque chose à faire sur le bateau.
J’ai embarqué quelques spécialités du Sud Ouest, quelques conserves et 2 ou 3 bouteilles de vin pour passer de bons moments
J’ai envie d’y aller avec toujours cette petite appréhension que tu as quand tu te demandes si tout va bien fonctionner….. ».
29 janvier 10 heures TU Dakar
Francis a coupé la ligne de départ au coup de canon dans l’anse Bernard. Avec les 22 autres concurrents engagés dans la troisième édition Bouvet Guyane, Cisko a pris la mer pour sa première traversée de l’Atlantique à la rame et en solitaire.
Il s’éloigne des cotes Sénégalaises et se trouve à 18 heures en 7eme position.
les messages d'encouragement affluent.
"Salut Françis,
On pense à toi ... ! On sera avec toi demain matin (11 h)
Bon courage et tout le fun possible !
Bises
Anne L"
"coucou Francis
Je ne sais pas si tu pourras recevoir nos encouragements durant la course mais sache que nous pensons très fort à toi et que de notre côté aussi le stress monte.
la vidéo est super ça fait plaisir de te voir.
Profite bien de cette occasion unique et rapporte-nous plein d'anecdotes tu pourras nous les raconter à ton retour autour d'un petit apéro.
Je continue à relayer tes infos
gros bisous
k"
"Une grande pensée pour Francis.
Je vais le suivre ... à distance
Cordialement, regards
Jean-Paul XAVIER"
"Salut Francis,
Nous sommes toujours sidérés de voir que des hommes, seuls, se lancent dans une pareille aventure!
Nous sommes tous admiratifs de ce courage et de ce caractère bien trempé!
Nous sommes tous derrière toi - dans l'impossibilité bien évidente de te précéder!...
Bien solidairement.
Michel Lagaüzère.
Pt. de la Ligue d'Aquitaine des Sociétés d'Aviron."
A 8 h, remorquage des bateaux vers la ligne de départ. Ca chauffe !
En avant Cisko !
Le passage de la jauge a été positif. Passé l'après-midi à essayer d'optimiser le chargement du bateau, en particulier les médicaments (conditionnés par une amie qui
bosse en chirurgie) et la nourriture.
> Les aliments déshydratés en test n'ont pas tenu le" choc : déshydratation pas assez poussée et/ou pas de conditionnement sous vide. On tachera de faire mieux
"la prochaine fois".
> La moitié des bateaux à peu près a été mise à l'eau.
> Continuation demain.
> A +
>
> Cisko
Hier j'ai commencé à ranger un peu le bateau et afficher les photos et grigris.
J'ai sorti les médics pour les ranger sans les boites et avec des indications., chargé des bouteilles d'eau de sécurité (20 litres
obligatoires),..
Aujourd'hui je devrais lever le bateau pour repasser de l'antifouling, et retester les 2 téléphones sat et le système AIS.
Sortir aussi la "bouffe" pour refaire un point et la réaménager, m'occuper des positions GPS, etc...
A +
La préparation du bateau continue.Encore plein de petites choses à faire, mais qui prennent du temps. Mais tout sera fin prêt pour le départ, c'est sûr, foi de Cisko !
Cisko a rencontré l'équipage du bateau accompagnateur: 2 hommes et 2 femmes. Très sympas.
Toujours beaucoup de vent à Dakar. Il ne fait donc pas très chaud et ça décoiffe...
Cisko est un peu plus serein... Les essais de téléphone satellite ( envoi de sms avec Daniel Trichine, son routeur ) sont concluants.
Les premiers bateaux vont être mis à l'eau demain, lundi.
Moana, vraisemblablement jeudi !
Bonjour,
Après les 4 bateaux déchargés hier, aujourd'hui, Moana a été le premier bateau à être déchargé.
Avons passé le reste de la journée à dépoter tous les bateaux.
Demain début des travaux à réaliser sur Moana : repose de la VHF et de l'autoradio, mise du N°MMSI dans l'AIS (si possible), renforcement de la planche de pieds,
récupération des bonbonnes de gaz et du coffret fusées, pose des balises, installation des bouts divers enlevés pour le transport, verif du fonctionnement de l'AIS, téléphone sat,
etc...
Les vacances seront pour plus tard...
Amitiés à tous,
Cisko
Lettre info #23 : , mise à l'eau officielle, embarquement de Moana
Lettre info # 22 : jauge, projets pédagogiques
Lettre info # 21 : prologue à Brest
Lettre info # 20 : nouveaux partenaires
Lettre info #19 : nouveau parrain, stage skipper
Lettre info # 18 : presentations multiples...
Lettre info # 17 : AG Dracar, conf de presse Sèvres, presentations
Lettre info # 16 : travaux canot, stage skipper, Salon Nautique Paris
Lettre info # 15 : Collèges Pau et Billere, Salon Nautique Hendaye
Lettre info # 14 : Tony Estanguet, Luc Alphand
Lettre info # 13 : AG de Dracar, Du flocon à la vague